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2007 : Le mot des metteurs


Mè kèz ke ssè kze text ?!


Mille répliques entendues par un (drôle de) mort autour de son cercueil… Mille répliques numérotées avec comme seule consigne de les lire dans l’ordre… et encore…

Au fait, combien de personnes étaient là… Et « là » c’est où, d’abord ? L’auteur - farfelu et assurément un brin sadique - ne donne aucune indication, ni quant au nombre de personnages présents ni par rapport au lieu. Aucune didascalie non plus, bien sûr. Les prétentieux qui oseraient toucher à cette boîte de Pandore théâtrale auront donc comme responsabilité de tout créer. Tout.

Quel monde imaginer autour du trépassé ? Qui va venir à ce dernier adieu ? Et pour quelles obscures raisons ces « veilleurs » vont-ils peu à peu déraper vers un excès pulsionnel quasi sans limite.. ? Le défunt était-il vraiment ce monstre abouti qui sommeille en chacun de nous ? A-t-il menti, ruiné, trahi, violé… tué ? Et, au bout du compte, a-t-il réellement osé commettre… l’ultime péché ?!

Il fallait croire dans le potentiel de folie créative du Lamartine pour s’attaquer à pareille bizarrerie épistolaire. Deux metteurs en scène ne furent pas de trop pour inventer le passé du mort, décortiquer chacune de ses relations, comprendre ce qui le reliait aux dix personnages imaginés. Quelle « famille » pouvait se comporter ainsi face au défunt ? Que pensaient de lui ses amis, ses collègues ? Avait-il une femme, une maîtresse… une chienne… des amants ? Et Dieu dans tout ça ..? Oui, décidément, il y a des morts qui ont la vie dure.

Dans un décor de purgatoire, entre (septième) ciel et (jolis) dessous, une sorte de tribunal posthume improvisé s’anime diablement. Mais qui sommes-nous pour juger, pour critiquer la paille de l’autre bien installés sur la poutre de nos arrogances ? Des humains qui s’agitent pour se sentir exister, des âmes blessées, des cicatrices à vif… Tout ça bien entendu pétri d’amour, de sexe, de fumée et de gros rouge. Le long de ce doux délire scénique se révèleront alors les médisances, la vengeance, les vices, l’immoralité, la cleptomanie, l’incontinence, le syndrome de Stockholm, la réussite cocaïnée, la vocation du croque-monsieur, l’ivresse triste et joyeuse … et bien d’autres surprises alimentant les confins de l’inavouable… à l’image d’une société bien malade d’elle-même.

Le défi est ainsi de créer une quintessence de vie autour de ce cercueil, un feu d’artifice joyeux nourri de tous nos paradoxes d’humains en partance. Puisque mort il y a autant en faire une fête. Que le bonheur soit puisque le trou existe, en quelque sorte.

Nous vous convions à cette belle et lente décadence traversée par un cynisme et un humour décapants. Une hilarité qui cloue l’innocent spectateur devenu – l’espace d’une veillée - l’heureux voyeur de l’absurde drôlerie de nos finitudes.


Stéphane Michaud et Pierre Hauser,
metteurs en scène



Posté le 4/4/2007 21:35:33 (1273 lectures)
 

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