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2012 : Le mot des metteurs

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Mettre en scène Guitry...


... ouvre des horizons excitants.

Il y a d’abord l’assurance du rire.

Rires aux lectures,
rires aux répétitions
et, nous l’espérons, rires aux représentations.

Et rien n’est plus dur que de faire rire.
Les rouages de la drôlerie ne se livrent pas sur un plateau.
Il faut chercher dans chaque scène les ressorts comiques.
Essayer, construire, déconstruire, reconstruire…
Vaste entreprise jouissive...

Vient ensuite la formidable actualité du propos. Comme tout grand classique, le texte résiste formidablement au temps. L’auteur a su cerner l’essentiel des relations humaines. Ce qui était l’enjeu il y a un siècle l’est toujours aujourd’hui. Et il y a fort à parier que cela sera la même chose en 2120… Avec des mots simples, crus et beaux, Guitry parle en effet de ce besoin intarissable de séduire et d’être désiré, de l’inévitable usure de l’amour, des tentations que nous rencontrons tous, du grand plongeon si frais et si brûlant de l’infidélité, des relations de pouvoir, de la bêtise de l’homme et de la supériorité de la femme, de nos besoins narcissiques… Bref, rien que du lourd.

La donne du spectacle est donc simple dans sa complexité : faire rire en parlant de l’essentiel. A partir de là, le choix a été de mettre en valeur les acteurs. De ne pas les engoncer dans un décor trop réaliste. Sur un plateau sobre, le pari est de faire ressortir d’autant mieux les intentions de jeu et la beauté nostalgique des années 30. Ce parti pris magnifie les actrices… et on comprend d’autant mieux la possibilité d’être infidèle avec chacune d’elle...

L’originalité de la mise en scène se veut transversale à la représentation. Dès l’ouverture du spectacle, une contre-exposition dramatique déconcertante de sincérité est proposée alors que l’on s’attendrait plutôt à de la gaudriole légère. S’ensuit une mise en abîme – le théâtre dans le théâtre – autour de la délicate question : « Etes-vous prête à coucher pour un boulot ? » Puis la scénographie surprendra en occupant l’espace de la salle dans un croustillant moment sur l’air de « Je t’aime moi non plus ». Nous découvrirons alors « Qui trompe qui » au détour d’un dialogue décapant où s’éclatent baffes, petites trahisons et mauvaise volonté. Transporté au cœur de « L’école du mensonge » dans un jeu d’apparences et de faux-semblants, le public assistera à des duels épiques entre « fille de » et « maîtresse de » puis entre un metteur en scène pleutre et une auteure bisexuelle. Le feu d’artifice final du spectacle livrera quant à lui sa succession de pétards burlesques pour embrasser la gerbe de l’absurde de nos conditions humaines.

Oui, mettre en scène Guitry ouvre des horizons excitants.

Bon spectacle… Riez de bon cœur à ce cirque de l’amour… mais ne vous trompez pas (…), tout ça parle de nous. De vous.



Stéphane Michaud et Elisabeth Ossola

Posté le 11/9/2012 16:08:10 (2108 lectures)
 

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