Théâtre et plus...
  Devenez membre du Lamartine   Le 18-06-2018 13:08 
Menu rapide

Menu Principal

· Nouvelles
  · Archives
· Articles de presse
· Galerie Photo
· Liens Webs
· Sondages
· Contact et Réservation

Connexion

Pseudo

Mot de Passe

Mot de Passe perdu?

Pas encore Membre?
Inscrivez-vous!


2015 : Le 25 ans

dddd
Maurice Maeterlinck, l’âme du monde et la mort


« Cet Oiseau bleu qui n’a l’air de rien est en réalité plus difficile qu’une page de philosophie »


Maurice Maeterlinck, écrivain francophone belge et prix Nobel de littérature en 1911. Il est un des fers de lance du mouvement symboliste. Poète, homme de théâtre et essayiste, il écrit l’Oiseau bleu en 1908. Mise en scène la même année à Moscou par Stanislavski, cette pièce est un de ses chefs d’œuvre.

Mais quel est cet étrange volatile qui peut révéler le grand secret des choses et du bonheur, cette chimère qui s’éloigne à mesure que l’on cherche à s’en approcher… ne serait-il qu’un leurre pour permettre à l’homme l’expérience du souvenir, de la mort, de la nuit, du bonheur… et de l’avenir ?

Une chose est sûre : lors de leur voyage initiatique vers le sens du Grand Tout, les enfants vont vivre des révélations importantes qui renversent totalement les idées reçues et les croyances habituelles, la vérité s’avérant toujours l’exact contraire des apparences. Ces révélations touchent évidemment au fond philosophique à partir du quel Maeterlinck tente d’interpréter le monde.

On reconnaît surtout deux grands thèmes qu’il a abordés dans ses essais : l’existence d’une âme universelle et le caractère illusoire de la mort.

Comme d’autres depuis Platon, Maeterlinck s’inscrit dans l’idée que notre monde possède une âme qui anime l’ensemble de la création. Les âmes individuelles des minéraux, des plantes, des animaux et des hommes ne sont que des émanations ou des aspects de cette grande âme cosmique. Dans ce monde pourvu d’une âme, tout se tient et il y a une véritable communauté des vivants…

Dans l’Oiseau bleu, lorsque l’âme des arbres et animaux peut se manifester, elle se révolte contre l’homme… Maeterlinck pense que l’homme moderne respecte de moins en moins la création et manque à son devoir de « charité cosmique ». Son orgueil, sa volonté de puissance le poussent à asservir et exploiter aveuglément ceux dont il a la charge. Le message de Saint François paraît bien oublié. C’est pourquoi les arbres et les animaux projettent d’éliminer les enfants…

Quant à la mort, Maeterlinck est encore plus radical lorsqu’il déclare que « la mort est une invention de l’homme ». Pour lui comme pour les romantiques allemands, vie et mort ne sont que des étapes dans la vie continue de l’âme du monde. Les morts ne sont pas morts, ils poursuivent dans l’Au-delà une sorte de vie grâce au souvenir de ceux qui leur restent fidèles… Nous sommes donc solidaires et responsables de nos morts.

Chez Maeterlinck, la sagesse passe donc par une transformation du regard sur les choses, « il faut savoir regarder », telle serait la leçon de l’Oiseau bleu. Toute véritable transformation qui entraîne un progrès moral ne peut être qu’une modification intérieure des dispositions de l’être, qui lui permet de s’ouvrir réellement à autrui et au monde.

Ainsi, c’est dans l’arrière-pays insoupçonné de notre monde, en transfigurant notre regard, que nous pouvons toucher ces reflets de paradis dont notre quotidien est parsemé. Un Eden rêvé dont Maeterlinck, qui plaçait très haut le féminin, donne la clé à des grandes figures féminines : la Chamane, la Nuit, la Chatte, l’Eau, le Bonheur de la maison, l’Amour maternel, … Autant d’âmes d’un monde désenchanté en passe de perdre la sienne…


Michel Otten
(extraits de la postface de l’Oiseau bleu, collection Espace Nord, 2012)


Posté le 30/5/2015 18:48:27 (680 lectures)
 

Liens relatifs
· Lire plus dans le sujet 2015
Format imprimable  Envoyer cette nouvelle à un ami



Powered by Capria & Associates
© 2002 Capria